mardi 20 mars 2018

Call it Histoarchéométrie*

Radiographie, Fumeur de pipe, attribué à D. Teniers 
© GW


L’Histoarchéométrie est à l’Histoire de l’Art ce que l’Archéométrie représente pour l’Archéologie et la Préhistoire. C’est un ensemble de disciplines qui ont leur existence propre. C’est aussi une certaine façon d’aborder l’Histoire de l’Art en promouvant l’interdisciplinarité, des raisonnements rigoureux et des techniques destinées à fonder les affirmations sur des faits tangibles. Elles sont aujourd’hui nombreuses : radiographie, réflectographie dans l’infrarouge, fluorescence d’ultraviolets, lumière tangentielle, microscopie, spectrométrie de rayons X et tous les moyens d’étude des éléments chimiques, que Philippe Walter a regroupés en 2013 sous l’appellation «Artchimie» (Directeur de recherches au CNRS, directeur du Laboratoire d’Archéologie Moléculaire et Structurale, Université Pierre et Marie Curie, Paris).



Lumière tangentielle naturelle (détail), Fumeur de pipe, attribué à D. Teniers, 
© GW


« Histoarchéométrie » est peut-être imparfait, incomplet, mais ce vocable donne un nom en un seul mot qui remplace les périphrases définissant jusqu'à présent ces méthodes. Surtout, il les élargi à un ensemble beaucoup plus vaste qui permet de dresser autour d’une œuvre d’art de tout type un faisceau d’indications, de faits, d’éléments vérifiables.

Fluorescence d'ultraviolets, Fumeur de pipe, attribué à D. Teniers, 
© GW


Je suis convaincu que la systématisation de l’Histoarchéométrie et l’enseignement de ses principes le plus tôt possible dans le cursus des études d’Histoire de l’Art va augmenter considérablement les connaissances. En outre, la pratique de l’Histoarchéométrie va les rendre plus fiables par la rigueur du raisonnement qu’elle suppose.

Photographie dans l'infrarouge (750 nm), Fumeur de pipe, détail de la tête, attribué à D. Teniers, 
© GW


C’est pourquoi je présente le projet de la création d’une chaire intitulée «Histoarchéométrie de la peinture européenne» à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

Réflectographie dans l'infrarouge (1 100 nm), Fumeur de pipe, détail du bras droit, attribué à D. Teniers, 
© GW


Le titre de cet article fait référence à la naissance de l’archéométrie que le Pr Christopher Hawkes pratiquait depuis le début des années cinquante à Oxford. Le Pr M. J. Aitken cherchait en 1958 un titre court et suggestif pour le bulletin du Research Laboratory for Archaelogy and the History of Art in the University of Oxford. Hawkes lui a répondu : Call it archaeometry ! Exactement 60 ans après Hawkes, je réponds au même besoin de l’Histoire de l’Art par : Call it Histoarchéométrie !*

Lumière directe artificielle, Fumeur de pipe, attribué à D. Teniers, 
© GW


*Appelle cela Histoarchaeometry !

Pour en savoir davantage :
  • G. de Wallens, Les « méthodes de laboratoire appliquées à l’étude des œuvres d’art » et l’archéométrie picturale, ancêtres de l’Histoarchéométrie, sur ce blog.
  • G. de Wallens, Les faux Corot. Mythe ou réalité ? Un urgent besoin de catalogue scientifique, dans Corot dans la lumière du Nord, Douai, 5 octobre 2013 - 6 janvier 2014, Carcassonne, Musée des Beaux-Arts 21 février - 21 mai 2014, Douai, 2013, p. 264-275. 
  • G. de Wallens, Die falschen Corots : Mythos oder Wirklichkeit ? Über die dringende Notwendigkeit eines wissenschaftlichen Kataloges, dans Camille Corot. Natur und Traum, Karlsruhe. Staatliche Kunsthalle. 29 septembre 2012 – 6 janvier 2013, Karlsruhe, 2012, p. 456-457.

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