samedi 22 septembre 2018

Quelques jours encore pour voir une très belle exposition à Bruxelles.


De Tiepolo à Richter. L’Europe en dialogue

Henri Evenepoel (1872-1899), Charles au jersey rayé, 1898, huile sur toile, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles (photo GW).

Il ne reste que quelques jours pour aller voir une très belle exposition au Musée du Cinquantenaire à Bruxelles. Les principales fondations* européennes actives dans la sauvegarde du patrimoine culturel présentent quelques éléments majeurs de leurs collections dans le cadre de l’exposition De Tiepolo à Richter, l’Europe en dialogue.
Malheureusement, elle ne connaît pas l’affluence qu’elle mérite pourtant. J’ai eu la chance de la voir deux fois parfaitement seul. Un grand et rare plaisir.



(Photo GW)

Evidemment, son titre, bateau, ne doit pas y être pour rien. Il désigne à présent la plupart du temps des contenus hétéroclites dans lesquels les organisateurs placent de grands espoirs de retours sonnants et trébuchants, faisant vibrer le taux de fréquentation. La réalité est si souvent décevante que la réussite est rarement au rendez-vous, tout comme le visiteur.
Il faut y entrer presque par hasard pour visiter ce genre d’évènement, comme cela fut mon cas. J’avais surtout envie de revoir la salle aux colonnes. Surprise ! Je tombe sur une exposition belle, de qualité, finement mise en scène en exploitant au mieux l’espace très beau de cette partie du musée (qui en compte beaucoup d’autres).

Francesco Guardi, Vue du Molo avec le Palais Ducal, vers 1790, huile sur bois, 
Fondation et Musée Calouste Gulbenkian, Lisbonne (détail, photo GW).


Son deuxième défaut est une des qualités de cette exposition : il n’y a pas de grands chefs d’œuvres qui auraient attiré les foules. Inutile aussi de chercher un fil rouge précis, ni un dialogue pourtant annoncé dans le titre ou une chronologie rigoureuse.
Pourtant, les grands noms sont au rendez-vous : Dürer, Evenepoel, Guardi, Jordaens, Klimt, Rodin, Tiepolo, Van Wittel, pour l’art ancien et Baselitz, Constant, Kirchner, Richter, Maria Helena Vieira da Silva ou Spilliaert pour les XXe et XXIe siècles. Ces artistes se mêlent aux moins connus, ou très rarement montrés, mais tous sont représentés par de très belles œuvres qui donnent une idée de ce qu’être un artiste en Europe entre le XIVe et le XXIe siècle signifiait pour les contemporains, et signifie encore pour nous. Etre artiste en Europe entre entre 1300 et 2018 aurait été un titre décrivant bien le sujet et permettant une promotion plus compréhensible.
La peinture est largement dominante, mais elle est entourée par l’ébénisterie, la gravure, l’ivoire, porcelaine, tapisserie et un manuscrit.

Rodin, Buste de Victor Hugo, modelé en 1883, reproduit en marbre entre 1886 et 1888, 
Fondation et Musée Calouste Gulbenkain, Lisbonne (photo GW).


Un seul véritable regret : il manque un catalogue digne de ce nom. Le sujet s’y prêtait à merveille. Les historiens de l’art, les sociologues, les historiens, les économistes, etc… capables de traiter le sujet sont suffisamment nombreux en Europe pour apporter un regard nouveau. Cela aurait certainement été une belle occasion de rencontres entre universitaires et conservateurs.

(Photo GW)


Cependant, ne boudons pas notre plaisir. C’est une belle exposition à taille humaine (70 œuvres), loin des expos monstres épuisantes par les 200 œuvres sous lesquelles nous sommes régulièrement ensevelis. On passe un beau moment de délectation. L’éclairage a été critiqué, mais je trouve au contraire qu’il met bien en valeur les œuvres et le lieu. Il happe le visiteur dès l’entrée de l’exposition, dont il ne sort qu’à regrets. Certes, les puristes pourront toujours faire des objections avec de bonnes raisons d’historiens de l’art ou de critiques d’art. Pour ma part, je privilégie le beau moment passé et la découverte d’œuvres ou d’artistes peu connus que l’on a rarement l’occasion de voir ensemble. C’est aussi un des objectifs d’une exposition, et de ce point de vue c’est une belle réussite.

(Photo GW)


Jusqu’au 30 septembre : mardi - dimanche : 10:00 - 17:00.
Le dernier ticket est vendu 1 heure avant la fermeture.

De Tiepolo à Richter, l'Europe en dialogue
Je 24-05-2018 - Di 30-09-2018

Musée Art & Histoire
Parc du Cinquantenaire 10
1000 Bruxelles
Belgique

Tarif : 10 €.

* Une initiative de la Fondation Roi Baudouin avec la collaboration de treize institutions : Fondazione Cariplo,  Fundação Calouste Gulbenkian, Finnish Cultural Foundation, Fondazione Banca del Monte di Lucca, Fondazione Cassa di Risparmio di Lucca, Fondazione CRT, Fundação Oriente, Jenny and Antti Wihuri Foundation, Olbricht Foundation, Prins Bernhard Cultuurfonds, Saastamoinen Foundation, Svenska Kulturfonden et Vereniging Rembrandt,  dans le cadre de l’assemblée générale du Centre Européen des Fondations qui se tient cette année à Bruxelles.
La partie documentaire que le visiteur traverse avant d’entrer dans l’exposition proprement dite s’attache à souligner l’action des fondations européennes en faveur de la préservation et de la transmission de notre patrimoine culturel.


Centre des Fondations Européennes www.efc.be (ajouté le 23/09/2018).


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