mardi 29 novembre 2016

Musées royaux bruxellois : On marche sur la tête et plus du tout sur la Lune !

Photo GW


Je croyais avoir tout dit après la parution de mon dernier article (Le bilan de Michel Draguet : pas si simple !). Je pensais avoir définitivement rangé mon clavier tant il n’y a plus rien d’autre à faire, tant la question est devenue strictement communautaire et échappe donc à toute raison.
Comment aurais-je pu imaginer que l’on s’apprête à dépenser des dizaines de millions d’euros pour un musée qui n’existe pas encore (BPC pour Bruxselles Pompidou Citroën), dépourvu de l’ombre même d’une collection, alors que dans le même temps quatre des grands musées européens, dont les collections sont connues dans le monde entier, ne bénéficient d’aucune attention politique depuis plus de vingt ans (Beaux-Arts, Cinquantenaire, Musée de l’Armée et le défunt Musée d'Art Moderne) ?

Plus grave encore pour leur avenir compromis : ils sont à présent les jouets d’enjeux stupidement communautaires. Malheureusement, l’homo linguisticus politicus belge a montré dans bien des domaines qu’il était parfaitement capable de sacrifier les grands intérêts scientifiques, économiques ou sociaux du pays et de ses habitants au profit de ceux de leurs jardins d’enfants… Muriel de Crayencour décrit joliment dans Mu in the City l’absurdité du mille feuilles politico-administratif qui paralyse toute initiative culturelle et scientifique à Bruxelles.
On marche sur la tête et plus du tout sur la Lune !

Très peu à espérer donc, d’autant qu’ils sont tous frappés du syndrome Tate Modern Londres et Guggenheim Bilbao*. Les seules véritables réussites dans le domaine dont il ne faut pas oublier que l’investissement dépasse les 100 millions d’euros.

Il faut à présent souhaiter que ce projet réussisse, qu’il réveille les consciences fédérales qui viennent de se prendre un beau soufflet à la façon du XVIII
e siècle. Il est temps en effet que le personnel, la beauté, l’intérêt scientifique et la modernité de ces quatre magnifiques musées deviennent enfin les véritables enjeux.


* Maladie fréquente  généralement incurable, pour laquelle existe un vaccin ayant prouvé son efficacité, mais dont la généralisation de l'inoculation est très résistante.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire