samedi 25 avril 2020

Cours à distance et dématérialisation de la matière




Grande joie ! J'ai terminé à distance tous mes cours. Evidemment il fallait partir de zéro. Me partageant en trois lieux il a fallu apprendre rapidement à me servir de trois applis. Je ne voulais perdre personne, y compris les auditeurs libres pour qui l'informatique n'est pas encore une seconde nature. Il fallait aussi que je puisse simplement maintenir le contact.

Heureusement, depuis l’an dernier, j’ai suivi d’excellentes formations au Louvain Learning Lab @LouvainLL et avalé leurs tutos produits depuis le confinement. MERCI @zmotte @vgpascal @ManuelaGuisset et alii.
Evidemment, je n’ai jamais eu ou pris le temps de concrétiser les projets vidéo dans les cartons. Cette fois, il n’y a pas le choix ! J’avais postposé lors des perturbations des GJ et surtout durant les grèves des transports. Il était impensable d’abandonner mes étudiants du jour au lendemain. Le confinement m’a obligé à repenser très rapidement mes pratiques, à dématérialiser même ce qui me semblait parfaitement impossible à adapter à un cours à distance.


J'ai commencé avec un PC sans grand confort que j'ai remplacé dès le cours suivant par trois écrans et mon habituelle tablette avec mes notes.
Au centre mon tableau de bord : l'appli de communication et le partage d'écran.
A gauche, l'écran, connecté comme l’est n’importe quel étudiant me montre exactement ce que voient les étudiants ou ne voient pas en cas de problème de connexion.
A droite, mes dias pour me permettre d'anticiper les suivantes.
Un micro-cravate sur pied et des mètres de câbles Ethernet et autres complètent le tableau.
Au total, six semaines de travail de galérien confiné m'ont permis de conserver l’ensemble des étudiants et auditeurs libres.

Cerise sur le gâteau, j'ai fait un cours supplémentaire juste pour le plaisir pour mes étudiants à Bruxelles et ils/elles étaient tous et toutes présents.
C’était ma façon de leur offrir un concert, comme le font beaucoup de musiciens depuis le 17 mars, en leur parlant pendant deux heures de Nicolas de Largillierre.
Petit bonus cette semaine à Paris aussi : deux heures de lecture de radiographies, réflectographies et fluorescences d’ultraviolets.

En route à présent pour les examens et évaluations à distance. Une autre aventure pour laquelle tout le monde est volontaire à Paris et Bruxelles. Je n’ai pas 200 personnes par amphi/auditoire ; cela simplifie un peu le problème.
Les premières présentations orales de travaux de cette semaine sont elles aussi prometteuses de nouvelles et intéressantes pratiques.

L’un des points positifs de ce confinement est certainement la belle ouverture sur de nouvelles perspectives et une nouvelle façon de concevoir sa recherche et son enseignement. Le deuxième est d’avoir obtenu en quinze jours une modification radicalement nouvelle des pratiques professionnelles dans presque tous les domaines, là où en temps normal il aurait fallu deux ans de négociations très dures pour obtenir à peine 10 % de ce que nous avons tous transformé aujourd’hui.
La démonstration de la faisabilité du télétravail dans presque tous les domaines est une autre victoire démontrée involontairement. La nécessité a fait loi, il suffit à présent d’introduire dans le système un peu de confiance en ses collaborateurs pour en garantir les effets positifs. Attention cependant à ne pas oublier que l’être humain a besoin de contacts.

Labor omnia vincit improbus. S’adapter, innover, surmonter n’est pas mal non plus (mon carburant). Autre effet positif : ces six semaines ont permis la démonstration que l’on peut être cinquantenaire et toujours créatif. J


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